Que réserve le marché légal du cannabis au Canada?

Et comment fonctionnera-t-il?

2018-01-11

Le gouvernement fédéral du Canada a l’intention de légaliser la consommation récréative de cannabis d’ici le 1er juillet 2018, et le marché devrait avoir des répercussions importantes d’un océan à l’autre. Une étude récente de Deloitte, Marijuana récréative – Les perspectives et les possibilités, a révélé que les ventes initiales de cannabis pourraient atteindre 5 milliards de dollars et potentiellement 8,7 milliards de dollars.

Les ventes ne représentent qu’une fraction de la valeur potentielle du marché. Selon un rapport récent de Bloomberg, la capitalisation boursière d’une seule entreprise de cannabis, Canopy Growth Corp., a déjà dépassé 3 milliards de dollars. La même étude de Deloitte a révélé que l’avantage potentiel d’un marché du cannabis récréatif légalisé, y compris des choses comme le tourisme et les droits de licence, pourrait être supérieur à 22,6 milliards de dollars.

Mais que réserve le marché légal du cannabis au Canada et comment fonctionnera-t-il?

1. Le terme « légal » ne signifie pas « non réglementé »

La consommation de cannabis à des fins récréatives, même si elle est légalisée, demeurera rigoureusement réglementée par Santé Canada et par les provinces.

Il y aura de nombreuses restrictions sur les endroits où le cannabis pourra être acheté, qui pourra l’acheter et où il pourra être consommé, de la même façon que l’alcool et le tabac sont actuellement réglementés. Le Nouveau-Brunswick, par exemple, a proposé d’obliger les consommateurs de cannabis à garder la drogue dans un contenant verrouillé à

l’intérieur de leur maison.

Il reste de grandes questions concernant les licences, les permis de distribution et même les prix.

À mesure que la légalisation approche et que les provinces débattent et modifient le projet de loi sur le cannabis, les consommateurs auront une idée plus claire du fonctionnement exact du marché dans leur collectivité territoriale.

2. Le marché évoluera très rapidement

Pendant la prohibition, un marché clandestin s’était rapidement développé avec d’innombrables petits joueurs qui brassaient, distribuaient et vendaient de l’alcool. Cependant, une fois que la consommation d’alcool à des fins récréatives a été légalisée, le marché a changé très rapidement. Les grandes brasseries ont dominé le marché, et les brasseries artisanales ont mis beaucoup de temps pour se tailler une place sur le marché.

Actuellement, il y a très peu de barrières à l’entrée sur le marché croissant et bientôt légal du cannabis. Des boutiques de maman et de papa se multiplient dans des villes partout au pays, vendant discrètement tout, des serres intérieures aux recettes de cannabis. Les sociétés de microcapitalisation, celles qui ont une capitalisation boursière d’environ 50 à 300 millions de dollars, dominent actuellement le marché, mais cela pourrait changer.

Le marché du cannabis récréatif subira probablement des changements importants et immédiats une fois légalisé, surtout si les lois provinciales et fédérales favorisent les grands joueurs. Les grandes compagnies de tabac et de produits pharmaceutiques, par exemple, peuvent entrer très rapidement sur le marché du cannabis, surtout si les ventes de cannabis se font aux dépens des ventes d’alcool ou de tabac.

3. Il sera difficile de naviguer sur le marché au début.

Le marché du cannabis récréatif aura une incidence indirecte sur la plupart des secteurs de la société et de l’économie canadiennes, depuis l’application de la loi et les soins de santé jusqu’aux assurances et à la gestion du patrimoine, en passant par la comptabilité et la tenue de livres.

De nouvelles questions seront posées par les producteurs qui demandent des permis de développement, les distributeurs qui importent ou exportent du cannabis, et les vendeurs qui ouvrent un compte bancaire d’entreprise ou qui produisent des déclarations de revenus.

Peu ou pas de professionnels qui travaillent dans ces domaines auront déjà de l’expérience sur un marché légal du cannabis à des fins récréatives, et les difficultés initiales seront inévitables. Il faudra du temps à tout le monde, des comptables aux avocats, pour s’adapter.

Au cours des sept prochains mois, nous aurons une idée précise de la façon dont le marché du cannabis à des fins récréatives se présentera au Canada. D’ici là, tout ce que nous disons avec certitude, c’est qu’il est sage pour tous les Canadiens de suivre l’évolution des lois et d’en apprendre davantage sur l’effet que le marché aura sur eux.