Le huard commence à montrer sa puissance

2017-10-19

Nous avons lu récemment un commentaire sur le dollar canadien qu’a fait Dagmara Fijalkowski de RBC Gestion mondiale d’actifs. Quelques points intéressants y étaient soulignés.

En seulement trois mois, la valeur du dollar canadien a augmenté d’environ 10 %, un exploit inhabituel qui aura une incidence sur les portefeuilles de tous les Canadiens.

En juin, la Banque du Canada a prédit une croissance économique plus forte et a ajusté la politique monétaire en conséquence, haussant son taux d’intérêt directeur pour la première fois en sept ans, à 0,75 %. Le marché a réagi, particulièrement lorsque la Réserve fédérale américaine a plutôt choisi d’accorder la priorité à son bilan.

Presque du jour au lendemain, le dollar canadien est devenu moins lié au simple coût d’un baril de pétrole et a commencé à refléter le nouvel optimisme de la Banque du Canada. La corrélation à court terme entre le dollar canadien et le prix du pétrole a chuté de moitié, soit de 56 % à 25 %, tandis que l’écart des taux d’intérêt sur deux ans a monté en flèche, passant de 30 % à 72 %.

La Banque du Canada s’attend à ce que ces conditions encouragent les exportations et les investissements commerciaux, même si elle reconnait que la contribution des consommateurs à la croissance s’affaiblira. D’autres, notamment la Banque Royale du Canada, sont en désaccord pour plusieurs raisons :

  • Les prix dans le secteur immobilier pourraient chuter, particulièrement en raison du resserrement de la règlementation, des taux d’intérêt plus élevés, et de l’accès à la propriété qui est en baisse, même chez les acheteurs étrangers.
  • Le bilan de la Banque centrale des États-Unis est attendu prochainement et devrait renforcer leur dollar par rapport au nôtre.
  • Un dollar canadien plus fort et de nouveaux accords commerciaux interprovinciaux pourraient maintenir l’inflation à un niveau plus bas que la Banque du Canada ne l’entrevoit.
  • L’incidence des avantages concurrentiels aux États-Unis dans des domaines tels que les impôts et le coût de la main-d’œuvre.
  • Un important déficit du compte courant nécessitera du financement externe.
  • La dette à la consommation demeure élevée et est susceptible de limiter la contribution à la croissance économique future.

Il est impossible de confirmer avec certitude si le huard continuera de montrer sa puissance, mais cette récente manifestation offre déjà d’excellentes occasions tant à moyen qu’à long terme.