La génération sandwich contrainte de mettre les bouchées doubles

2016-10-19

Bon nombre d’adultes d’âge moyen se voient pris entre les exigences des soins à apporter à leurs parents vieillissants et celles d’élever de jeunes enfants ou de soutenir financièrement leurs enfants devenus adultes. Selon le Pew Research Center, un groupe de réflexion à but non lucratif basé à Washington, 47 % des adultes dans la quarantaine et la cinquantaine font partie de ce que l’on appelle désormais la « génération sandwich », un terme qui a officiellement fait son apparition dans les dictionnaires il y a environ une dizaine d’années.

Kim Parker, directrice du volet Tendances sociales au Pew Research Center, affirme que « de plus en plus d’adultes se trouvent dans une situation où ils doivent à tout le moins apporter un certain niveau de soins ou de soutien à un parent (vieillissant) ». Elle note également que plusieurs enfants éprouvent de la difficulté à établir ou à maintenir une indépendance financière, « on n’a qu’à penser à tous ces enfants de la génération du millénaire qui sont retournés vivre chez leurs parents », ajoute-t-elle.

Outre le stress émotif lié au fait d’être sollicité de toutes parts, de devoir jongler avec plusieurs engagements prioritaires et d’assister à l’inversion des rôles parents-enfants, cette situation entraîne également un stress d’ordre financier. Dans une récente infolettre publiée par MarketWatch, Charles Passy, journaliste au Wall Street Journal, offrait six conseils aux membres de la génération sandwich afin de les aider à « composer avec leurs parents et leurs enfants, tout en préservant leur santé mentale » (en gardant à l’esprit que la situation de chaque famille est unique et différente).

1. Prenez connaissance de la situation financière de chacun

Vous ne pouvez assumer la responsabilité de payer les factures et de produire des déclarations de revenus sans avoir une idée précise de la situation. Vous devez savoir ce qui a été investi et de quelle façon, et être conscient des responsabilités potentielles. Votre plan financier devra être revu de façon à inclure les besoins et obligations – actuels et futurs – de chacun.

2. Comprenez à qui appartient l’argent

Le simple fait d’avoir la responsabilité de payer les factures ne signifie pas que l’argent vous appartient. Comme le note Charles Passy : « En ce qui concerne mon père, je lui cède la plupart (et non la totalité) des décisions financières, car je respecte le fait que l’épargne qu’il a constituée tout au long de sa vie lui appartient. Inversement, je demande à mes enfants de payer leur juste part pour certaines dépenses, même si mon épouse et moi pouvons nous permettre de prendre nous-mêmes ces coûts en charge. »

3. Cherchez à obtenir de l’aide auprès de professionnels et d’organismes

Êtes-vous à la fois un génie de la finance, un spécialiste du droit et un travailleur social aguerri? Peu importe les efforts que vous déployez, vous ne pouvez endosser ces trois rôles. Ciblez les domaines pour lesquels vous avez besoin d’aide, investissez le temps nécessaire afin de trouver les professionnels adéquats et confiez-leur certaines tâches. Commencez par l’essentiel : trouvez un conseiller financier, préférablement un planificateur financier agréé (CFP®, CERTIFIED FINANCIAL PLANNER® ), ainsi qu’un avocat ou un notaire, à qui vous confierez la rédaction des testaments, des testaments de vie et des procurations (votre conseiller financier devrait être en mesure de vous recommander un professionnel). Enfin, selon le type de soins requis, ciblez les agences gouvernementales ou les organisations bénévoles susceptibles de vous fournir les services précis dont vous avez besoin.

4. Trouvez de bons soins

Cela peut paraître banal, mais il est toujours utile de demander des recommandations à des amis, membres de la famille ou voisins. « J’ai trouvé le soignant de mon père par l’entremise d’un voisin, qui connaissait un fournisseur de soins à la recherche d’un nouveau client », raconte Charles Passy. Si toutefois vous n’êtes pas prêt, mentalement ou financièrement, à franchir ce pas, recherchez alors de l’aide à temps partiel, offerte sur une base bénévole ou par le biais de programmes de répit pour les aidants.

5. Gardez du temps pour vous-même

La culpabilité est le lot des personnes qui font partie de la génération sandwich. Il est facile de croire que vous n’en faites pas assez pour les gens qui ont besoin de vous. Les fins de semaine en particulier, prenez le temps d’aller à la salle de sport, de lire ou de rendre visite à des amis. Chacun sait que pour être un bon aidant, il est primordial de prendre d’abord soin de soi-même.

Pour obtenir des renseignements et une liste de services complets à l’intention des aidants au Québec, consultez le site suivant :http://www.seniors.gc.ca/fra/sp/aidants-naturels/qc/index.shtml

Pour soutenir les aidants, le site www.thesandwichgeneration.com (en anglais) offre des conseils ainsi que plusieurs articles portant sur divers thèmes très précis (veuillez noter que les articles sont payants).

Dernier conseil : 6. Donnez de l’amour à ceux que vous aimez

Échangerions-nous ces contraintes pour une vie de liberté totale? Même si nous pourrions parfois en rêver, la réponse à cette question est probablement « non ». Lorsque la situation devient difficile, nous devons nous rappeler que les besoins de nos parents et de nos enfants existent car nous entretenons avec eux des liens authentiques et significatifs qui ont enrichi nos vies.